ANAP, Medicalisation and Rituals, 16-17 April 2021, Théâtre du Loup, Geneva


 

In the world of psychosomatic and biologico-political disorders in between the “mother’s syndrome” and “the doctor’s syndrome”, there is the body of the sick woman (= La Femmelade). La Femmelade is the subject of studies by doctors, midwives, psychiatrists and neurologists. The public is confronted with rituals in the delivery room, before and after the event. The governance of bodies will have the chance to be re-invented. A series of contemporary maternity work tasks and protocols will be implemented in connection with improvement, fertility and biometric monitoring practices. Medical interventionism as a ritual.

With:

  • Vincent Barras, performer, poet, doctor, professor of the history of medicine
  • Beth Dillon, interdisciplinary visual artist
  • Vincent Coppey, actor
  • Graziela Ecoffey, dancer, psychomotor therapist
  • Pauline Huguet, dancer choreographer

and with the discussions and writings of:

  • Francesca Arena, historian, specialist in women’s history of medicine and gender 
  • Myrto Chronaki, architect, writing on medicalisation, rituals and mothers’ subjectivities

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« ANAP »  est un projet sur la médicalisation de l’humain et la fabrication de la femme en tant que malade dans l’histoire et au présent`. Privé de sa dimension philosophique et de sa dimension poétique du langage qui fait le lien entre la pensée et le corps, le sujet est réduit à un corps biologique. Le sujet en tant que corps biologique et les phases de la vie sont regardées depuis le prisme du risque. Un retour à une matérialité ? Un retour au réel du corps?

Le corps contemporain prend la forme d’un objet d’analyse, de statistique, de biométriques et d’illustrations telles, qui ne permettent pas des représentations symboliques ou imaginaires. D’une synthèse, nous sommes passés à une fragmentation. Une sensation d’étrangeté inquiétante (the Uncanny) autour d’un corps transparent (visible de plus en plus à l’intérieur) toujours à risque, chassé par la maladie et par les thérapies. 

Au centre du projet se trouve une chaise médicale gynécologique, un objet d’examen qui reçoit les corps passives sous le regard actif des experts.

On place la femme enceinte sur la chaise pour explorer la grossesse et l’accouchement ainsi que l’interventionnisme médical. On voyage dans le passé pour regarder l’histoire de la médicalisation du corps de la femme. On fait vivre la salle d’accouchement et ses rituels comme une hétérotopie qui obéit à ses propres règles. Le gynécologue est notre chaman, le public assiste aux rites de passage des corps étrangers dans la tribu. 

On place sur la chaise l’humain pour investiguer comment retrouver son corps politique et philosophique et comment inverser la biologisation continue de sa vie quotidienne. On plonge dans les performances, les objets et les espaces du monde médical pour re-inventer le concept du « corps » et pour humaniser la science.

La chaise reste également vide pour qu’on puisse projeter le futur homme et pour imaginer son contexte socio-politique dans lequel il/elle est inscrit·e à sa naissance. En imaginant la naissance comme un trou dans le temps et dans l’espace on se demande quels sont les subjectivités produites dans des discours et les pratiques médicales d’aujourd’hui.

Plus particulièrement, on se focalise sur:

  • La production de l’espace social dans la salle d’ accouchement – Quelle subjectivité (féminine et maternelle) on construit. La salle d’accouchement comme un théâtre de l’anatomie – L’histoire sociale et culturelle du corps et de l’anatomie. 
  • Une re-appropriation des objets/outils médicaux dans l’histoire, évolution, références et contraction d’autres pour les activer pendant les performances 
  • La fabrication de la femme malade – Folies puerpérales, dépressions périnatales – L’histoire de l’allaitement Inspirés par l’histoire de la psychiatrie on inventera les nouvelles syndromes maternelles. 
  • Les rituels dans l’hôpital se transforment en Re-enactments (répétitions créatives). On se focalise sur l’immersion, on s’inspire du théâtre du vécu, du théâtre de l’Opprimé et on re-invente les performances et les performativités dans le monde médical (dans le discours et les pratiques)